SNDS

 


I. CONTEXTE ET JUSTIFICATION

 

1.      La République Démocratique du Congo (RDC) est le deuxième pays le plus vaste du continent africain après l’Algérie avec une superficie de 2 345 000 km².  Elle partage ses frontières d’une longueur de 9.165 km avec neufs pays, à savoir : au Nord la République Centrafricaine et le Sud-Soudan, à l’Est l’Ouganda, le Rwanda, le Burundi et la Tanzanie, au Sud la Zambie et l’Angola et à l’Ouest la République du Congo. 

 

2.      La décennie 1990 a été marquée par des taux de croissance économique négatifs (-8% en moyenne entre 1990 et 2001) stigmatisés par les pillages et troubles socio-politiques de 1991 et 1993 ainsi que par les guerres de 1996 et 1998. Cette situation a entraîné la paupérisation de la population en accroissant le nombre des personnes vulnérables.

 

3.      L’économie congolaise a renoué avec des taux de croissance positifs au début des années 2000. En effet, le taux de croissance annuel du PIB est passé de 2,9 % en 2002 à 6,2 % en 2008.  Cependant, cette reprise s’est atténuée  en 2009 suite à la baisse de la production dans les secteurs miniers et de la télécommunication qui ont été secoués par  la crise financière internationale. Actuellement, le pays est classé à la 168ième place sur 169 pays sur l’échelle de l’Indice de Développement Humain (Min plan/ DSCRP2, 2011). Néanmoins, suivant les perspectives, la croissance économique de la RDC devrait se poursuivre. Jusqu’à l’horizon 2015, le taux de croissance économique moyen est évalué à 7,8% entre 2010 et 2015. 

 

4.      Depuis une dizaine d’années, plusieurs programmes et réformes ont été mis en œuvre pour relancer les activités économiques et pour réaliser les 7 déclencheurs qui ont permis au pays d’atteindre le point d’achèvement de l’initiative PPTE en juin 2010.  Ces déclencheurs sont : (i) l’élaboration et la mise en œuvre de la stratégie de réduction de la pauvreté, (ii) le maintien d’un programme macroéconomique solide, (iii)  l’utilisation satisfaisante des économies budgétaires réalisées grâce aux ressources PPTE, (iv) l’amélioration de la gestion des dépenses publiques, (v) l’amélioration de la gouvernance et de la prestation des services dans les secteurs prioritaires, (vi) l’adoption de stratégies de développement sectorielles satisfaisantes assorties de plans de mise en œuvre pour les secteurs de la santé, de l’éducation et du développement rural et (vii) l’amélioration de la gestion de la dette. 

 

5.      Ces efforts ne peuvent être durables que si la discipline budgétaire et les pratiques de bonne gouvernance sont appliquées notamment pour la mise en œuvre (i) de la Stratégie de Croissance et de Réduction de la Pauvreté (SCRP), (ii) de la décentralisation du pays et (iii) du Programme d’Actions du Gouvernement (PAG) pour les années 2012-2016. Pour ce faire, il faut des statistiques fiables et à jour.

 

6.      Des enquêtes nationales ont eu lieu depuis 2001, dont les enquêtes MICS2 (en 2001), enquête1-2-3 (en 2005), EDS (en 2007) et MICS3 (en 2010). Mais, il manque un cadre cohérent et durable qui permet de disposer des statistiques nécessaires pour le pilotage et le suivi-évaluation des programmes. C’est pour résoudre ce problème que sont intervenues (i) la Déclaration du Palais du Peuple sur le développement de la Statistique en RDC qui a sanctionné les travaux du premier Atelier Producteurs et Utilisateurs de statistiques en 2002, (ii) la mise en place du Groupe Thématique sur la Statistique(GTS) en 2007 pour le suivi des activités du DSCRP ainsi que (iii) l’élaboration d’un Plan de Production et de Dissémination des Données pour le Suivi Evaluation de la Stratégie de Réduction de la Pauvreté.

7.      Egalement, sur le plan international, la RDC a adhéré à plusieurs initiatives en matière de développement statistique.  Parmi celles-ci, il y a : (i) le  Partenariat pour le Développement de la Statistique au 21ème Siècle (fin 1999), (ii) le Trust Fund for Statistical Capacity Building (TFSCB) de la Banque Mondiale(2000), (iii) le Programme Régional de Renforcement des Capacités Statistiques de la BAD à travers le Programme de Comparaison Internationale pour l’Afrique PCI (2002), (iv) le Plan d’Action de Marrakech pour la Statistique (MAPS)( 2004), (v) la Déclaration de Yaoundé sur le développement statistique en Afrique (2004), (vi) la Déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide (2005), (vii) le Fonds Catalytique des Statistiques pour les Résultats(SRF), (viii) le Cadre Stratégique Régional de Référence pour le Renforcement des Capacités Statistiques en Afrique(2006), (ix) le Forum sur le Développement de la Statistique en Afrique (FASDEV) et (x) la ratification de la charte africaine de la Statistique  (Février 2010).

 

8.      Sur le plan national, des textes législatifs et réglementaires existent et sont favorables pour le développement du Système Statistique National. Il s’agit de :

·      la constitution de 2006 de la RDC, en ses articles 2, 98 et 92,128, détermine la répartition des compétences en matière statistique entre le pouvoir central et les pouvoirs provinciaux ;

·      du Décret  n° 10/05 du 11 février 2010 fixant création et organisation du Système  Statistique National et

·      de l’arrêté ministériel N° 003/CAB.MIN.PL/2011  du 07 février  2011 portant mise en place des structures ad hoc  chargées de l’élaboration du document de la Stratégie Nationale de Développement de la Statistique (SNDS) de la RDC.

 

9.      Dans le cadre de toutes ces initiatives et recommandations tant au niveau international que national, la RDC s’est lancée dans le processus de l’élaboration de sa Première Stratégie Nationale du Développement de la Statistique (SNDS)

II. OBJECTIFS ET RESULTATS ATTENDUS

 

10.  L’objectif général de la SNDS est de contribuer à la mise en place d’un cadre cohérent capable de mettre régulièrement et durablement à la disposition des acteurs du développement de la RDC, des statistiques fiables et à jour pour la  formulation, le pilotage et le suivi-évaluation des politiques et programmes nationaux et provinciaux de développement.

11.  Les objectifs spécifiques consistent à :

·         mettre en place un environnement légal et institutionnel favorable pour une meilleure organisation et un bon fonctionnement  du Système Statistique National (SSN) et

·         renforcer les capacités du SSN pour une production statistique de qualité répondant aux besoins des utilisateurs.

 

12.  Les résultats attendus présentés dans la figure 1 sont les suivants :

·      un état des lieux du SSN est dressé ;

·      une vision et des axes stratégiques pour le développement de la statistique sont esquissés ;

·      un plan d’actions est élaboré et

·      des mécanismes de suivi et de mise en œuvre du plan d’actions sont développés.